Livre 1 (Himiko) Chapitre 2: Le châtiment

Une fois au sous-sol, mon ravisseur me jeta à terre et m’observa avec mépris. La tête baissée, je n’osais plus le regarder, tant il me faisait peur – j’avais quand même à faire à un psychopathe !
Il me tira les cheveux pour relever ma tête, afin que je le regarde dans les yeux et s’accroupit face à moi.
-Pourquoi t’es-tu enfuie ? lança-t-il moqueur. On n’est pas bien là ? Rien que toi et moi ?
Je restais perplexe face à ses propos – comment pouvais aller bien en étant séquestrée par un malade mental ? Deux hypothèses me traversèrent l’esprit : soit il était aveugle ou vraiment très idiot, soit il disait cela pour m’énerver et pimenter un peu la situation. Je penchais pour la deuxième, ce type était vraiment dérangé !
Il me tira un peu plus sur les cheveux puis menotta mes mains au poteau derrière moi. Puis il se mit à tourner autour en me scrutant avidement pour déceler mes faiblesses. Il attacha également mon cou au poteau, grâce à une cordelette, de telle façon que ma tête ne tombe pas sans que je meure étranglée avant qu’il n’ait eu le temps de me faire tout le mal qu’il voulait.
Les yeux pleins de larmes, je le fixai, implorant sa pitié et réclamant ma liberté.
Voyant que je ne comprenais pas ses attentes, il me menaça d’un pistolet. Les larmes affluèrent encore plus vite, prêtes à déborder et je continuais à le supplier, aussi il mit sa menace à exécution et me tira une balle dans chaque genou dans une simultanéité effarante. J’hurlai alors de douleur en penchant la tête en avant, tandis qu’une larme perla sur ma joue. Je ravisai immédiatement mon mouvement de tête car la cordelette me coupa le souffle.
Il disparut un instant – je ne sais où car la pièce, n’étant éclairée qu’au dessus de moi, était trop sombre pour voir à plus d’un mètre – et revint, une hache à la main. Il la posa par terre, détacha ma main gauche, en prenant soin de ne pas laisser échapper l’autre, et la posa au sol également. Il reprit sa hache en main, la leva au dessus de lui et, dans une inspiration, la laissa violemment retomber sur ma main. Cette dernière fut propulsée en avant par la violence et la rapidité du coup, si bien que le sang qui gicla depuis le point de section entre la hache et mon poignet m’éclaboussa puis s’écoula lentement sur le sol, rejoignant celui qui provenait de mes genoux. Avec tout le sang que je perdais, je commençais à me sentir faible et ma vision se brouillait peu à peu – phénomène accentué par le flot de larmes intarissable.
Il disparut de nouveau et revint quelques secondes après, des clous dans une main et un marteau dans l’autre. Il posa les clous à terre, n’en gardant qu’un seul en main, qu’il approcha de ma tête, que je m’empressai de tourner, dans un sens puis dans l’autre, ne supportant pas l’horreur que l’idée qu’il l’enfonce en moi provoquait.
-Si tu bouges, je risque de manquer ma cible et toi de mourir plus tôt que prévu, lança-t-il, toujours aussi moqueur.
Je tournai automatiquement la tête pour voir son expression : il arborait un sourire mesquin.
-Vois-tu, chérie, j’aimerais que tu vives encore assez longtemps pour te faire souffrir encore un peu, sinon ce petit jeu n’a rien d’amusant, ajouta-t- il sur le même ton.
Horrifiée, je n’eus ni la force de bouger, ni de parler, ni même de pleurer. Il profita de mon inactivité pour enfoncer le clou dans mon œil gauche. Une fois encore, la douleur me fit hurler et cette réaction provoqua chez lui un rire, presque fou.
Cependant, la sensation qui me dominait n’était pas la souffrance mais le dégoût, j’avais l’impression d’avoir été salie : il m’avait appelée « chérie ». Qu’un type aussi vil et lâche que lui m’appelle ainsi était répugnant. Rien que de le voir ou sentir son odeur suffisait à me faire bouillir de colère.
Il me détacha totalement et, bien que l’odeur écœurante du sang régnait dans la pièce, ce fut le contact avec sa peau qui me donna envie de vomir. Mais une fois détachée, j’étais bizarrement soulagée : je pouvais enfin respirer.
Ma première réaction fut de porter ma main droite – puisque la gauche gisait à quelques centimètres de mon bras – à chaque blessure pour évaluer l’ampleur des dégâts : mes genoux étaient troués par des balles restées logées dans leur rotule, mon poignet avait été sectionné avec une précision chirurgicale, le clou planté dans mon œil se trouvait exactement au centre de ma pupille et une quantité phénoménale de sang s’écoulait de partout, se déversant sur le sol.
Après s’être esclaffé une petite minute pendant mon inspection, il me traîna sur le sol, me tirant par les cheveux, prit ma main ensanglantée, l’éleva contre le mur jusqu’à ce que nous soyons à la même hauteur et y planta un deuxième clou. Il s’empara de mon poignet, l’éleva à la même hauteur que l’autre et le cloua également au mur, puis fit de même avec mes pieds, tout en sifflotant gaiement.
Je n’avais plus la force de résister, je n’avais plus un seul membre suffisamment épargné pour tenter quelque chose. Je n’étais plus qu’un poids mort, je voulais bouger mais mon corps refusait de m’obéir.
Il disparut encore et s’attarda cette fois. Je redoutais le pire et je n’avais pas tort. Quand il revint, il était armé d’un objet long et pointu qu’il avait fait chauffer.
-Un fer à souder, précisa-t-il, fier de lui.
Je regardais anxieusement l’objet, pendant qu’il le testait. Puis il le posa sur le poêle qu’il avait traîné derrière lui et arracha ma tunique, ma jupe et mes bas, ne me laissant ainsi que ma culotte et mon soutien-gorge. Je le fixais à son tour, de plus en plus inquiète, l’interrogeant du regard mais mon œil droit étant noyé par les larmes, il ne le remarqua sûrement pas.
Il reprit en main son objet de torture et se lança dans l’art épidermique : posant soigneusement le fer brûlant juste au dessous de ma poitrine, il commença à scarifier des motifs sur ma peau blanche. La différence de température avec ma peau glacée par la peur, accumulée depuis ma rencontre avec lui, était si grande que les deux premières couches d’épiderme se désintégrèrent instantanément. Par endroit même, du sang parvenait à jaillir de la blessure et alors, ce malade mental devenait hystérique et sautait de joie.
Je n’avais plus la force de me battre, je ne sentais plus la douleur et mes larmes ne coulaient plus, traduisant l’anéantissement de tous mes espoirs : vivre heureuse en compagnie de tous mes amis, faire un travail que j’aimais et surtout, être un peu plus proche de Marc, un de mes amis avec qui j’avais un peu de mal à communiquer.
Malgré toutes ces bonnes raisons de continuer à survivre, je ne pouvais plus lutter et renonçai à me battre. La vie, la volonté et l’espoir m’avaient désertée, mes yeux ne reflétaient plus rien, même pas la peur et je sombrai dans l’inconscience.

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Allen Walker
19.4cm
L'auteur :

Il est très effrayant, certes mais si vous le rencontrez, ne lui montrez surtout pas votre peur ou vous finirez .....

Publié dans Projet 1
9 commentaires
  1. Cheshire

    8 23

    Cheshire :

    Tu as un univers très particulier, Allen Walker. :embarrassed:
    Torture, inceste, viol… tes héroïnes savent s’amuser ! :ninja:

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  2. Allen Walker

    37 37

    Allen Walker :

    Merci :D je m’inspire essentiellement de mes rêves eux-mêmes tirés de ma propre vie. Le texte t’a plu ?

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    • Cheshire

      8 23

      Cheshire :

      En fait, ton texte me laissait perplexe, Allen walker. Trop de violence gratuite, et je ne voyais pas ce que tu pouvais faire avec une héroïne aussi amochée. :bobo:
      Mais l’adoption d’un autre point de vue dans les textes suivants est une excellente idée ! Une histoire apparaît, plus construite et posée que les précédentes. On s’éloigne du côté rêve (un peu surréaliste et confus, comme tous les rêves) pour découvrir une véritable histoire. C’est prenant ! ^^

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  3. The Porcupine

    7 14

    The Porcupine :

    De ta propre vie? Il faut appeler la police ou ça va aller? ^^  »

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  4. Allen Walker

    37 37

    Allen Walker :

    XD non, tout va bien, j’ai juste « légèrement » modifié la réalité pendant le rêve ! XD :bobo:

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  5. emma

    14 30

    emma :

    Ton texte fait un peu peur, le gars est très méchant et horrible.
    Je voudrais savoir si la fille qu’il torture est sa femme ou pas???
    C’était très bien quand même!! :lol:

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  6. Écume d'une plume

    74 345

    Écume d'une plume :

    Je…Je crois que…. JE VAIS DÉGOBILLER !! :-(
    En lisant le texte, ma première réaction a été « Yarkkkkk ».
    Mais bon. Après, je l’ai relu, et je me suis dit que c’était plutôt prenant, tout compte fait :bobo:
    Donc… Je vais lire la suite ! (Et chercher une bassine au cas où !)

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  7. emma

    14 30

    emma :

    ne t’inquiète pas c’est juste le premier chapitre qui est un peu, même beaucoup, gore, après la suite c’est plus triste!!
    :D

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  8. Allen Walker

    37 37

    Allen Walker :

    Merci pour vos commentaires, ça m’aide beaucoup pour continuer d’avoir d’autres points de vue sur mes textes :shame:

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